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SocioAnthropoesis Institute

Le SocioAnthropoesis Institute est un espace de recherche, de partage de savoir et de de soutien pour les individus et les groupes promouvant "l'élément humain au cœur de nos espaces de vie", grâce à une équipe pluridisciplinaire et internationale.

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Publié par Paul Mayoka

Ci-après une fiche récapitulant mon intervention auprès du collectif national des PASS - Permanences d’Accès aux Soins de Santé – ce vendredi 6 février (à Paris). Sous l’intitulé :

Les PASS, lieux de « socio-anthropoèse »[1] du care. Soigner, accueillir et reconnaître dans des institutions sous tension.

Je me suis donné comme hypothèse centrale : les PASS ne sont pas uniquement des structures d’accès aux soins, elles sont des lieux où se fabrique — ou se fragilise — l’expérience d’être reconnu comme sujet. Pour analyser ce phénomène, nous mobilisons le concept de socio-anthropoèse, selon lequel l’humain se constitue dans et par les relations sociales et institutionnelles.

En résumé, les PASS constituent en France un dispositif singulier à l’interface du sanitaire et du social, destiné à garantir l’accès aux soins des personnes en situation de précarité. J’ai proposé de les analyser non seulement comme des instruments de politique publique mais comme des espaces anthropologiques où se jouent des processus de subjectivation. En mobilisant le cadre conceptuel de la « socio-anthropoèse du care », j’ai voulu montrer que les interactions quotidiennes entre professionnels et patients produisent des effets anthropogènes : elles contribuent soit à restaurer la reconnaissance des sujets, soit à prolonger des expériences d’invisibilisation institutionnelle. À partir d’une analyse clinique et institutionnelle du travail réel en PASS, j’ai essayé de mettre en évidence les tensions entre inconditionnalité éthique du soin et conditionnalité administrative de l’accès aux droits. Les PASS apparaissent alors comme des lieux critiques du système de santé : des espaces de frontière révélant les contradictions contemporaines de l’État social et, simultanément, des laboratoires d’un soin humanisant.

Ainsi, j’ai développé 6 axes, à partir du travail réel des PASS :

  • Des institutions de frontière (liminaires)
  • Une clinique de la précarité au-delà du médical
  • Le travail réel des professionnels : une expertise invisible
  • Le soin comme « socio-anthropoèse »
  • Des lieux critiques du système de santé
  • Perspectives : préserver la fonction humanisante,

Au terme, une observation : les PASS comme signifiants de notre capacité collective à faire l’humanité.

 

Paul Mayoka, sociologue et anthropologue (Dr.)

Président de l’Institut SocioAnthropoesis

« L’humain au cœur de nos activités »

 

[1] Concept opératoire constitué à partir de trois racines : socio (latin socius) renvoyant au « lien social », anthropos (νθρωπος) à l’être humain, et poiesis / poiein (ποίησις / ποιεν) au verbe faire, produire, engendrer ou à leurs substantifs dérivés. Il signifie donc littéralement « production de l’humain par le social ». Précisément, il désigne le « processus par lequel des individus deviennent des sujets humains reconnus à travers des relations et des dispositifs institutionnels » (soin, droit, éducation, accompagnement). Je postule par là que l’humanité sociale n’est pas seulement donnée par la naissance biologique ni par l’appartenance culturelle, mais elle est aussi produite dans des interactions de reconnaissance. Les pratiques professionnelles de care constituent ainsi des opérateurs anthropogènes : elles peuvent restaurer la subjectivation ou, inversement, contribuer à sa fragilisation. Le terme nous permet, au sein de l'institut SocioAnthropoesis, d’analyser les institutions comme des milieux actifs de fabrication — ou d’altération — du lien humain.

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